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Nouvelles propositions d’exercices dans la classe

samedi 6 octobre 2018

S’enregistrer lisant !

Avec l’autorisation de Cathy Marcaillou, enseignante de l’Aude, qui en a conçu le dispositif, voici une idée de travail avec Je lis, j’écris.

Il s’agit de réunir deux, voire trois élèves avec un moyen d’enregistrement audio, et pour chaque leçon, chaque élève s’enregistre en train de lire le ou les textes. Il s’écoute, fait ses propres commentaires, recommence s’il le pense nécessaire. Les critiques sur le tempo, la prise en compte de la ponctuation, l’articulation, la prosodie, et donc la perception du sens par l’auditeur sont discutées. Ces enregistrements permettent aux élèves de faire beaucoup de progrès en fluidité, en attention soutenue, en concentration, et aussi en motivation pour s’intéresser sérieusement au sens de ce qu’ils lisent. Ils prennent plaisir à chercher à surmonter les difficultés de lecture, à ne pas faire d’erreurs et à « déclamer » les textes, ce qu’ils apprécient particulièrement.

Ce dispositif conduit à organiser des ateliers où les élèves tournent après que le travail collectif ait été fait sur la compréhension. Pendant que les lecteurs s’enregistrent, d’autres peuvent dessiner la phrase ou l’histoire qu’ils auront inventée à l’écrit, ou bien ce que leur inspire un aspect du texte étudié, d’autres enfin peuvent continuer à travailler quelques points qui peuvent rester encore délicats pour eux, avec l’enseignant-e.

Vrai ou faux ?

Parmi les différents dispositifs pour travailler la compréhension, celui qui consiste à se prononcer sur le caractère vrai ou faux d’une affirmation concernant une phrase ou un texte, est très fécond. Car après avoir déjà lu la phrase ou le texte, ce travail oblige à se concentrer sur la précision dans la recherche du sens, pour pouvoir se prononcer valablement. Quand les élèves ont terminé on demande de lever les doigts pour chaque réponse. Lorsque les réponses ne sont pas toutes concordantes, ce qui arrive assez souvent, il est indispensable de retourner à l’écrit pour savoir qu’elle est la bonne réponse, ce qui ne manque pas d’approfondir le travail de tous les aspects essentiels de la lecture, déchiffrage compris. Si toutes les réponses sont concordantes, un simple acquiescement ne suffit pas. Il faut que la bonne réponse soit à chaque fois justifiée, texte en main, par une lecture attentive des mots qui la confirment.

Il est possible de faire ce travail à l’oral, avec des affirmations qui contiennent des mots qui ne tiennent pas compte de la progression de l’étude des graphèmes. Mais il est aussi très pertinent de remettre aux élèves une sorte de cahier des vrai/faux qui ne contiennent que des affirmations déchiffrables dans chaque leçon, pour qu’ils puissent y avoir accès par leur propre lecture. Dans ce cas, ils se prononcent par la lettre V ou F en regard de chaque affirmation. S’ils n’arrivent pas à se déterminer, ils peuvent mettre un point d’interrogation dans la case. Une reprise collective de ce travail permet de discuter des raisons de la bonne réponse à chaque fois, et de dessiner un émoticon dans la case de droite. Si un élève répond au hasard à un moment ou à un autre avec une chance sur deux de ne pas se tromper, il profite quand même du travail de relecture-justification.

N.B. Nous avons fait le choix de ne pas traiter les poèmes, pensant qu’ils ne sont pas du même régime argumentaire que les autres textes, ce qui n’empêche pas de les travailler. Les apprendre par cœur pour les réciter, permet de faire un travail d’interprétation susceptible de débats qui peuvent être riches, à partir des façons différentes de les dire que l’on expérimente. Ils peuvent être d’un apport heureux au programme de la fête de fin d’année.