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Enseignants et parents : témoignages écrits

dimanche 7 août 2016

La rubrique « L’inauguration » donne la parole aux douze enseignants qui ont utilisé Je lis, j’écris toute l’année 2009/2010 dans leur classe de CP, relate leur expérience et leurs réactions. On lira ici quelques témoignages complémentaires recueillis depuis 2010 au fil des années : une enseignante en IME qui vient de découvrir notre manuel ; une maman qui "récupère" en CE2 son fils en perdition ; une enseignante de CE1 qui "récupère" une de ses élèves en grande difficulté ; un jeune maître qui inaugure son premier CP avec Je lis, j’écris ; une enseignante de RASED qui a participé à sa façon à l’expérimentation inaugurale du manuel ; une maîtresse de CE2 qui a trouvé bénéfice à l’emploi de Je lis, j’écris ; des maîtres enseignants en CLIN, une orthophoniste, une institutrice retraitée, et… un parent blogueur qui ne manque pas d’humour.

Dominique Heymann, enseignante à l’IME de Tullins (Isère)

(aoùt 2016)

Ces quelques lignes afin de vous faire part de mon enthousiasme pour la méthode "Je lis, j’écris".

Enseignante dans un Institut médico Educatif qui accueille des jeunes présentant une déficience intellectuelle légère, mais surtout des troubles associés du comportement, j’ai commencé à utiliser avec bonheur votre ouvrage au mois de juin - un peu tard, mais je garde la plupart de mes élèves plusieurs années !

Dans ma classe certains sont non lecteurs, d’autres déjà titulaires du CFG ... Ils ont entre 10 et 17 ans, donc pas toujours facile de travailler sur un support commun. Je n’avais jamais tenté d’utiliser de façon suivie une méthode de lecture : la plupart des élèves ont déjà testé un nombre incalculable d’approches durant leur scolarité (ils viennent de CLIS, d’ULIS, d’ITEP ..) et ont tous déjà quelques acquis, même s’ils ne sont pas encore des lecteurs autonomes.

C’est donc la première fois que je tente l’aventure, avec toute la classe, et cela a été une vraie réussite. Les non-lecteurs ont vite progressé, ravis de pouvoir utiliser leurs acquis antérieurs et rassurés par l’approche graphémique. Les autres, très impressionnés par la richesse du vocabulaire (ils n’en connaissent pas la moitié) ont été très flattés que je leur propose cette méthode "pour intellos" selon leur expression ! Chacun y a trouvé son compte, et j’ai pu utiliser les listes de mots pour les ateliers d’écriture que j’ai l’habitude de mener avec des jeux à contraintes de type Oulipo : écrire sans utiliser telle lettre, écrire uniquement avec des mots contenant telle autre lettre, écrire une phrase avec trois mots imposés ...

Nous allons poursuivre la progression en septembre !

Merci donc pour votre travail.

Catherine : Mathias vient de terminer son CM2

Mathias vient de terminer son CM2, il rentre donc en 6e à la rentrée de septembre 2015.

Q.  : Comment s’est passé l’année ?

Catherine : L’année s’est passée sans difficultés et je dois dire que Je lis, j’écris y est pour quelque chose.

Q. : Nous avons parlé une première fois de Je lis, j’écris parce que Mathias avait quelques difficultés. Quelles étaient ces difficultés ?

Catherine : Quand nous avons parlé de cette méthode Mathias était en CE2, il avait beaucoup de mal à l’école, sa lecture était hachée, il butait sur chaque mot, ne comprenait pas ce qu’il lisait et de ce fait n’arrivait pas à déchiffrer les questions posées en classe et ses évaluations étaient catastrophiques. Les devoirs et leçons étaient des moments très pénibles, il se butait et me disait qu’il n’y arriverait jamais, qu’il était nul !!!

Q. : Comment avez-vous fait travailler Mathias avec le manuel ?

Catherine : J’ai commencé à lui expliquer le manuel pour l’aider, et puis je l’ai laissé à sa disposition pour qu’il puisse le feuilleter de lui-même et tranquillement.

Quand il m’a dit que ça n’avait pas l’air d’être compliqué et qu’il voulait bien essayer, nous avons commencé par les premières leçons. Mathias me disait : trop facile !! Nous avons progressé facilement à son rythme, sans jamais passer à une autre leçon tant que la dernière n’était pas acquise. Mathias prenait plaisir à faire les exercices.

Le manuel est très bien adapté avec des éléments, des textes des images qui ne font pas bébé, qui ont intéressé mon fils dès les premières pages, si bien que c’était lui qui me demandait le soir de travailler avec le manuel. Nous passions un moment agréable, sans énervement ni pleurs.

Q.  : Comment Mathias a évolué tout au long de l’apprentissage et après ?

Catherine : Les progrès se remarquaient de jour en jour au fur et à mesure des leçons, sa lecture devenait plus fluide, il ne butait plus sur les mots, comprenait les questions et répondait facilement, Mathias s’exprimait de mieux en mieux.

Ses évaluations étaient nettement meilleures.

Son maître m’a d’ailleurs fais la remarque suivante « c’est fou ce que Mathias a changé en si peu de temps dans son comportement, d’ailleurs on le ressent dans ses notes ».

Il arrive encore à Mathias de prendre le manuel de temps en temps, pour, me dit-il, le plaisir.

Il est évident qu’un enfant se sent mieux dans son milieu scolaire quand il n’a pas de difficulté dans son apprentissage !!! Son comportement s’en ressent. Si mon fils avait appris dès le CP à lire et à écrire avec cette méthode Je lis, J’écris, il n’aurait jamais rencontré de telles difficultés scolaires.

Giles, enseignante en CE1 dans le Pas-de-Calais (avril 2014)

Suite à l’enquête de Jérôme Deauvieau, j’ai acheté Je lis, j’écris pour une de mes élèves de CE1 non lectrice, confondant beaucoup de lettres et sans suivi orthophonique malgré des demandes des professeurs depuis la grande section, mais très accompagnée par sa maman.

La demoiselle, fort calme les mois précédents, est devenue très agitée, a levé la main à tour de bras, pour chaque mot qui coinçait et enfin retenu, pour chaque dictée tentée (et combien de fois !), mais dans laquelle, enfin, elle voyait où elle allait et pouvait peu à peu, grâce à sa mémoire (pourtant peu développée) s’appuyer sur ses connaissances. Bref, une petite tout à coup réconciliée avec l’école, fière de montrer aux autres qu’à elle
aussi, on pouvait dire "oui, c’est ça !" et "quels progrès !" car, de fait, en deux mois, quels progrès !

Lecture de phrases avec le ton, dictées de phrases (les mots seuls étaient inatteignables avant), vocabulaire inconnu dont les mots la faisaient rêver (n’est-ce pas une belle entrée vers le plaisir de lire et de découvrir ?)... Et je pouvais, encore, lui faire deux leçons de lecture et écriture par jour, sans me détruire à la tâche, malgré le double niveau. Car le manuel, très bien fait, peut être utilisé sans préparation préalable. Le guide pédagogique
reste concentré sur l’objectif : le déchiffrage et la compréhension, et compte plusieurs remarques très pertinentes et pourtant très faciles à mettre en œuvre.

Certes, cela n’a pas valeur statistique. Mais quel bonheur que de voir une élève s’"éclater" en classe !

Je pense que c’est parce qu’on prend le temps de répéter, répéter, répéter, non pas dans la cacophonie d’autres notions dans lesquelles les élèves se noient, mais dans le calme d’une seule notion qui nous parait, à nous adultes, très simple, mais qui demande aux élèves un temps de "digestion" pour être comprise, retenue et réutilisée avec facilité : on
croit avancer doucement, et on s’aperçoit du chemin enfin accompli sans reculer, cette fois.

Enfin, le manuel, très épuré, présente une iconographie pourtant riche, non infantilisante (je connais une personne utilisant la méthode auprès d’adultes en alphabétisation), jouant sur les mots et s’appuyant sur des œuvres d’art connues et ainsi proposées à des élèves qui, pour certains d’entre eux, ne peuvent compter que sur l’école pour gagner un type de culture qui n’est pas celui de leur famille.

César, jeune maître de CP

On parle de Je lis, j’écris sur le site de discussion entre enseignants "forum-enseignants-du-primaire". A la rubrique "Quel manuel pour le CP ?", un utilisateur ("César") tient ces propos :

"Posté 7 avril 2012 - 20:51.

1er CP. Zep Méthode : Je lis, j’écris. Pure syllabique.

Les + :
- on écrit ce qu’on apprend à lire, donc la progression en écriture est toute prête
- je n’ai strictement rien ajouté (pas de phono, pas de Borel Maisonny, rien) : c’est cool
- on suit la progression : en mars, 2 jours sur un son puis on tourne la page (pas grand chose à préparer) : c’est cool
- de vrais textes très vite (page de droite) avec les mots qu’on apprend à lire (page de gauche)
- pas de découpage-collage (ce qui pour moi est un +)
- livre du maître en ligne avec du vocabulaire et des histoires en plus
- c’est beau
- c’est sobre
- un livre dans le cartable tous les soirs
- tous les soirs, les mêmes devoirs.

Les - :
Pour ma part, je n’en vois pas, vraiment pas. Souvent est soulevé l’écueil du vocabulaire recherché présent dans le manuel. Je suis donc en ZEP, les enfants ne demandent pas forcément spontanément le sens de tel ou tel mot mais cela ne les handicape nullement. Ah oui : comme c’est une pure syllabique, c’est vrai qu’au début (quand on voit les voyelles et qu’il n’y a pas de texte) les élèves qui savent déjà lire s’ennuient un peu. Par contre, dès que les textes apparaissent (de petites phrases dès la leçon 5), comme ils sont assez résistants (les textes) tous accrochent. (...)

Au niveau du résultat, en avril :
- tous ont compris la combinatoire
- aucun ne "devine" : ils savent qu’il faut décoder et au pire, relire pour comprendre (seuls 2 élèves)
- tous les autres lisent et comprennent (22) ; j’ai ajouté depuis mars des exercices de compréhension des textes lus, ça marche bien je trouve
- sous la dictée spontanée de mots, tous écrivent correctement (sans erreur de code) les mots simples.
- je ne fais pas apprendre de mots par coeur et je ne fais pas de dictée préparée, les mots à lettres muettes les plus courants à l’école) sont correctement orthographiés pour la plupart (type : loup, rat, souris, chat...)
- J’ai commencé la production d’écrit 2 fois par semaine au retour des vacances de février : aujourd’hui, tous écrivent les 2 phrases demandées (sur des consignes de type : "Invente une phrase avec les mots valise et Tunisie", "Invente une histoire avec les mots dinosaure et visite"). Au début 5 élèves ne produisaient rien (je refuse la dictée à l’adulte en individuel) puis il y a eu un "déclic", la lecture des phrases des autres y a fait.

Voilà. C’est mon premier CP. Je n’ai que peu de repères mais si je devais à nouveau travailler ce niveau de classe, j’aurais du mal, je crois, à ne pas travailler avec cette méthode".

On parle également de Je lis, j’écris sur le forum de discussion entre enseignants "néoprofs", qui propose des échanges (voir pp. 48 et 49) et témoignages (voir p. 50) concernant l’utilisation du manuel. A suivre...

Gaby Roscoff, professeur des écoles en RASED

Quand j’ai vu le manuel pour la première fois, j’étais très sceptique, je le trouvais austère. Il n’y a pas de couleurs, au sens où il n’y a pas de dessins pour illustrer les histoires comme dans les autres manuels. Les syllabes, les mots et les textes sont en noir et blanc. Le format du livre est grand.

Puis je me suis dit qu’après tout ce n’était peut-être pas plus mal. Quand les enfants sont dans leur texte, quand ils lisent les mots, ils ne sont pas distraits ; ils ne sont pas là à regarder ce qu’il y a à côté, à commenter les dessins, à tourner les pages.

Je m’y suis donc mise et ce que j’ai bien apprécié surtout au départ, c’est que cette méthode, très syllabique, fait que les enfants sont capables de tout lire. C’est vraiment très bien. Le vocabulaire est très dense, assez compliqué même parfois, mais les élèves peuvent tout déchiffrer.

Je travaille avec deux enfants de la classe de Myriam (1). Au début je pensais qu’ils auraient du mal avec cette méthode, en grande section ils avaient de gros problèmes d’élocution, d’articulation. Eh bien maintenant ils lisent, et même bien. Je pense que c’est une méthode très structurée, récurrente dans sa manière de procéder, ce qui les aide à ne pas se perdre. Les enfants ont bien adhéré à la lecture, à cette manière d’apprendre. Un petit manque selon moi : j’aurais aimé qu’il y ait un récapitulatif des phonèmes avec les différents graphèmes correspondants.

Conclusion : c’est un manuel très syllabique et c’est très bien, c’est pour ça qu’il me semble efficace, je le recommanderais volontiers dans des classes. Au départ j’étais réticente mais maintenant, à l’expérience, j’approuve tout à fait sa démarche. Il n’y a rien qui distrait les élèves de la lecture. On est toujours capable de tout lire parce que tout a été étudié. On n’a pas à essayer de deviner, de faire des hypothèses. On est vraiment dans la lecture et son apprentissage.

(1) Voir sur ce site le récit proposé dans la rubrique "L’inauguration".

Isabelle Cavé, professeur des écoles en CE2

Découvrir Je lis, j’écris a été un vrai bonheur. Je m’y suis plongée avec un grand plaisir. Il est beau ce qui est rare pour un manuel. Et puis il est clair, aéré, on s’y repère très bien ; rien ne vient brouiller le travail de lecture. Pas de surcharges, de décorations inutiles mais des reproductions d’œuvres qui invitent à la lecture à chaque page.

Au début de l’année, un élève de ma classe de CE2 était en très grande difficulté. Il ne lisait pratiquement pas (il avait aussi des difficultés au niveau de l’oral). Dès que j’ai connu Je lis, j’écris (début décembre), je le lui ai apporté. Depuis, il travaille chaque jour avec ce manuel soit avec moi (lorsque les autres élèves font un travail en autonomie ou pendant les heures de soutien), soit avec d’autres élèves de la classe quand ceux-ci ont fini un travail.

Il fait de gros progrès, il commence à lire vraiment et il a beaucoup changé. Il s’est mis au travail, est devenu curieux. Il aime ce livre et est toujours sérieux et mobilisé lorsqu’il s’agit de travailler avec. Quelque chose de l’ordre de la dignité est en train de s’installer chez cet enfant, il se redresse et le manuel y est pour quelque chose.

Ma collègue du RASED qui le reçoit a constaté ses progrès importants.

La progression claire et efficace des leçons me donne confiance. Les choses sont prises une par une et je peux lui dire "A la fin tu sauras lire". Il a confiance car il comprend qu’on aura vu tout ce qu’il faut pour savoir lire quand on sera à la fin. Il est rassuré.

D’autres élèves sont intéressés par ce manuel. Ils souhaitent travailler avec lui en soutien. Ils retravaillent ainsi des graphèmes qu’ils ne maîtrisent pas encore bien.

Vincent Bonnaure et Alain Peden, enseignants en CLIN

Nous sommes enseignants en CLIN (Classe d’Initiation, classes qui accueillent les ENAF, Elèves Nouvellement Arrivés en France). Nous élaborons des logiciels gratuits qui permettent d’optimiser notre enseignement car nous sommes convaincus de l’importance de l’outil informatique aujourd’hui dans l’enseignement (ordinateurs en fond de classe, salle informatique, Tableau Numérique Interactif).

Nous allons publier sur notre site un nouveau logiciel d’apprentissage de la lecture qui privilégie la combinatoire (pour les ENAF, la syllabique est une nécessité ; pour ces élèves, le sens vient bien plus tard). Dans ce logiciel, les enseignants peuvent entrer tout type de liste de syllabes et mots en fonction de la progression qu’ils choisissent.

A cette occasion, nous citerons votre méthode "Je lis, j’écris" que nous jugeons particulièrement efficace et pertinente pour les ENAF. L’un de nous l’utilise dans sa classe depuis sa parution l’année dernière. Les résultats obtenus sont remarquables ; à titre d’exemple : Y. C. âgée de dix ans, chinoise, non lecteur sur caractères latins a appris à lire le français en 2 mois !

Juliette Touzet, orthophoniste

L’ouvrage Je lis, j’écris de J.Reichstadt, J.P.Terrail, G.Krick est d’abord une démonstration convaincante que le déchiffrage syllabique progressif, rigoureux, permet l’accès au sens immédiat et que la transcription s’installe aisément, simultanément.

J’apprécie en outre l’abord méthodique des graphies complexes, la présentation "à distance" des graphies symétriques ainsi que des éléments linguistiques homophones.

Quant aux textes, ils sont simples et attrayants, sans complexité lexicale ou syntaxique, accessibles et sources de plaisir pour la majorité des enfants. Pour ceux qui présentent des troubles mineurs de langage ils peuvent servir de support à une appropriation de formes linguistiques de base.

En un mot c’est un excellent outil, utile et plaisant qui conduira très rapidement les enfants à devenir des lecteurs heureux.

Madeleine Couturier, ancienne institutrice

Institutrice retraitée, j’ai un point de vue sur Je lis, j’écris.

Apprendre à lire et à écrire, c’est apprendre à déchiffrer les mots, les phrases, les textes mais encore en comprendre le sens et surtout en tirer du plaisir.

Lorsque je suis entrée dans la profession d’institutrice (mot magnifique qu’il ne fallait pas abandonner), une grande discussion animait déjà les « instits ». Fallait-il employer la vieille méthode syllabique ou la méthode globale ?

La syllabique paraissait désuète, la globale était difficile à appliquer, alors nous avons opté pour une méthode mixte.

Aujourd’hui la méthode syllabique « graphémique » de Je lis, j’écris donne aux enfants l’envie de maîtriser l’outil qui les rendra capables de découvrir de nouveaux univers. J’apprécie beaucoup la richesse et la variété des textes qui mettent en situation les différentes lettres apprises et cherchent à ouvrir l’esprit et la curiosité des enfants. Les mots et les images forment de petites mises en scène qui doivent aiguiser leur intérêt.

Les textes choisis et la mise en page astucieuse de fragments d’œuvres accompagne à merveille le projet des auteurs, déclenchant la curiosité et rendant plus familiers les univers des peintres, des photographes, des écrivains.

Et puis quelle belle idée de terminer le livre par un aperçu significatif des différents systèmes d’écriture, que de jeunes esprits apprenant à lire trouveront sans doute moins « exotiques » que beaucoup d’adultes !

Michel Sender, le point de vue d’un père

(Site internet La messagerie littéraire, 1er novembre 2009 (http://melisender.over-blog.com/art...)

« Gris, gris, gris, il est gris le gros chat Gros, gros, gros, il est gros le gras chat Gras, gras, gras, il est gras le chat gris. » (Comptine)

Je le dis et le redis : je ne suis pas enseignant – mais un curieux permanent !
C’est pourquoi, trouvé dans un coin de la Maison de la Presse la plus proche de chez moi, j’ai sauté sur ce livre très grand format, relié sous une couverture cartonné souple, et qui, sous le titre simple de Je lis, j’écris [*] mais doté d’un sous-titre beaucoup plus hard et révulsif, Un apprentissage culturel et moderne de la lecture – CP, se veut en fait un « Manuel moderne » de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Je ne prononcerai pas sur le fond pédagogique (les auteurs affirment « une démarche : démocratique, novatrice et active » – sic, ni plus, ni moins ! –, « Une démarche sûre pour un apprenti lecteur actif et autonome » – beau slogan !– dont vous trouverez les détails sur leur site mentionné ci-dessous) mais je le testerai – peut-être ? – sur ma fille…

J’écris « peut-être ? » car la pauvre est déjà l’objet-cobaye des instances éducatives qui se penchent doctement, savamment, instamment, lourdement, délibérément, systématiquement, notamment, inopinément, immanquablement, précocement, orthophoniquement, psychologiquement, désespérément… sur son « cas » !

Mais cet ouvrage affiche cependant notablement sur sa couverture à la fois la colombe de Picasso, un lièvre de Dürer, la Joconde, une abeille et une photo de la Terre, et nous propose des lectures agrémentées de nombreuses illustrations culturelles ou référentielles – ce qui n’est pas si mal !
Il s’agit aussi indéniablement d’un livre ludique (très belle double page par exemple d’un groupe d’enfants traversant la rue à partir d’une photo de Robert Doisneau : Les tabliers de la rue de Rivoli), très bien maquetté, agréable à lire (je ne me lasse pas des « Parti à la mare Paco court sur le pourtour et rit tout le tour », « Un malin lapin câlin pousse le poussin sur le chemin » ou « Ah dis donc dindon dodu comme tu te dandines ! ») et qui n’a pas oublié Ceci n’est pas une pomme de Magritte ou le Rimbaud d’Ernest Pignon-Ernest !

De plus, les auteurs proposent très intelligemment des pages sur les signes de ponctuation ou diacritiques, les écritures étrangères (en alphabets grec, cyrillique, arabe ou hébraïque, idéogrammes chinois, etc.)…
Si la querelle (les éditeurs sont soutenus par La Dispute) de l’apprentissage de la lecture vous intéresse, voilà de quoi alimenter votre humeur !

En tout cas, après nos dubitatives remarques préliminaires, avouons-le et reconnaissons-le au final(e) : une belle initiative, tout de même !